La ministre, Secrétaire général de la Présidence du Conseil et Gouverneur du Groupe de la Banque mondiale pour le Togo, Dr Sandra Ablamba Johnson a pris part le 9 juin 2026, à un panel lors de l’édition 2026 du forum sur les fragilités, organisé par la Banque mondiale sur le thème : « Soutenir la prévention dans les pays à risque : leçons tirées du Sahel ».
La rencontre s’est déroulée du 8 au 10 juin 2026, en format hybride, avec des participants en ligne et en présentiel à Washington DC, aux États Unis, dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de prévention des fragilités, conflits et violences et dans le contexte de la transformation économique, sociale et sécuritaire en Afrique de l’ouest et au sahel. Le Togo et la Mauritanie ont été pris comme cas d’école en termes de prévention à travers des stratégies de renforcement de la résilience socio-économique des communautés.
L’objectif du panel est d’examiner la nature des réformes susceptibles de modifier ou de renforcer les trajectoires, essentielles pour soutenir les efforts de prévention des fragilités, conflits et violences ainsi que les défis liés à leur définition et à leur mise en œuvre.
La session s’est penchée sur les leçons tirées de la crise au Sahel et a porté sur ce qui fonctionne pour la prévention et l’anticipation des risques avec la prise en compte du spectre de la prévention en amont en Mauritanie à l’atténuation des risques au Togo ; les stratégies nationales de prévention et les défis de mise en œuvre des réformes et le rôle du soutien des partenaires techniques et financiers.
Les principales leçons tirées de la crise au Sahel sont les suivantes : agir tôt et de manière proactive pour prévenir l’aggravation des conflits et violences en s’appuyant sur des données quantitatives et qualitatives de qualité pour des analyses ; renforcer les investissements socio-économiques pour bâtir un « État protecteur » ; assurer la présence de l’Etat sur le territoire et renforcer la synergie entre l’appropriation locale et les interventions des partenaires techniques et financiers avec la prise en compte des réalités locales dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes de développement.
Au cours de la session, Madame Johnson a partagé la stratégie structurante à trois volets mise en œuvre par le gouvernement et le Président du Conseil, pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent.
Au Togo, la prévention n’a pas été que militaire. Elle prend également en compte les causes structurelles de la fragilité. La stratégie du Togo est donc déclinée en trois volets. Le volet de la prévention repose sur une architecture intégrée d’alerte et de réponse rapide à travers le Comité Interministériel de Prévention et la Lutte contre l’Extrémisme Violent ( CIPLEV); le volet de la riposte militaire à travers l’opération « Koundjoaré » pour une réponse opérationnelle des Forces armées togolaises face à la menace terroriste et aux incursions extrémistes au nord du pays; et le volet du renforcement de la résilience socio-économique à travers le vaste Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience et la sécurité des communautés (PURS) auquel contribuent différents projets dont le projet de Cohésion Sociale des Régions Nord du Golfe de Guinée (COSO) et des financements additionnels IDA 20 mobilisés au guichet pour le Prévention le résilience (PRA).
La ministre souligne : « La situation au Sahel nous enseigne que les crises naissent de l’accumulation de vulnérabilités : pauvreté, exclusion sociale, déficit de services publics, inégalités territoriales et perte de confiance envers l’État ». Elle ajoute : « l’expérience du Sahel montre que, là où l’État est absent, les vulnérabilités s’installent et les groupes extrémistes s’enracinent ».
C’est pourquoi, témoigne la ministre, le Togo a fait le choix de renforcer la présence de l’Etat par l’investissement public dans les territoires vulnérables. A travers le projet COSO par exemple, il a été réalisé plus de 830 infrastructures communautaires bénéficiant à plus de 545 000 personnes, dont une majorité de femmes dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’eau et de l’énergie.
Au Togo, la prévention repose donc sur une action simultanée sur les causes structurelles de la fragilité, y compris la création d’emplois pour les femmes et les jeunes. En conclusion, l’expérience du Togo montre clairement que la prévention est aujourd’hui l’investissement le plus rentable pour préserver durablement la paix, la stabilité et le développement.

La Forum sur la fragilité 2026 du Groupe de la Banque mondiale a réuni des dirigeants du monde entier pour s’accorder sur les priorités dans un contexte de fragilité, de conflit et de violence (FCV). Outre la ministre Sandra Ablamba Johnson, Ousmane Diagana, vice-Président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du centre ; Abdellah S. Cheikh Sidiya, ministre des Affaires économiques et du développement, Gouverneur pour la Mauritanie; Bakary Sambe, Chercheur à l’institut Tombouctou; Leonardo Santos Simao, Représentant spécial et Chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont également participé au panel.
