Jonas Daou, entrepreneur togolais, a insufflé une nouvelle dynamique à l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET) qu’il a présidée pendant six ans. Retour, sans prétention d’exhaustivité, sur quelques initiatives qui ont marqué ses deux mandats à la tête de cette organisation.
« Six ans. Analyser. Observer. Proposer et agir. Parfois convaincre. Souvent s’ajuster. À l’AGET, une étape s’achève. Une autre commence », écrit Jonas Daou dans un message publié le 2 juillet 2026 sur son compte LinkedIn. Quelques mots qui résument ses années de présidence à la tête de l’AGET, alors qu’il a remis, deux semaines plus tôt, son mandat à son successeur Charles Gaffan.
Dans le même texte, l’ancien président réaffirme son souhait : « notre secteur privé ne peut plus seulement suivre. Il doit structurer, anticiper, proposer… et influencer ».
Tourné vers l’avenir, il souligne que « beaucoup de chantiers restent ouverts, c’est normal. C’est même sain. D’autres naîtront et se développeront », avant de rappeler que « les étapes passent, mais les institutions s’inscrivent dans le temps, continuent et se renforcent ».
L’entrepreneur demeure convaincu qu’ « un jour, peut-être, en regardant cette période, on dira simplement : Il était une fois l’AGET… une période, une équipe, une expérience. ».
Sous sa présidence, l’AGET est passée de 65 membres en 2020 à 90 en 2026, confirmant son attractivité auprès des grandes entreprises. L’organisation s’est imposée comme un acteur de référence du secteur privé, forte du poids économique de ses membres, de leur contribution aux recettes fiscales, et des milliers d’emplois qu’ils créent.
De la crise sanitaire aux nouveaux défis
Élu le 21 février 2020, un mois avant l’apparition du premier cas de Covid-19 au Togo, Jonas Daou a débuté son mandat dans un contexte éprouvant. La réponse à la crise sanitaire est rapidement devenue la priorité pour le bureau exécutif de l’association.
À travers une opération de soutien à la Coordination nationale de gestion et de riposte à la Covid-19, l’AGET a mobilisé plusieurs millions de francs CFA ainsi que des dons en nature et en équipements.
En mars 2021, deux semaines seulement après le lancement de la campagne de vaccination contre la Covid-19 au Togo, l’AGET organisait sa séance de vaccination pour protéger ses cadres, ses salariés, et chefs d’entreprises membres.
À partir de 2021, l’action de l’association s’articulait autour de trois priorités : renforcer son rayonnement aux plans national, sous-régional et international ; promouvoir vigoureusement la qualification professionnelle, l’emploi, et la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ; et contribuer à l’amélioration de l’environnement des affaires au Togo.
Réélu le 16 juin 2023, Jonas Daou a poursuivi cette dynamique avec son équipe.
Quelques moments forts
Parmi les initiatives marquantes figure l’Université de l’AGET, dont la première édition s’est tenue le 21 janvier 2022. Cadre d’échange et de partage d’expériences, cette rencontre remplaçait le traditionnel déjeuner-débat annuel et visait entre autres, à renforcer les liens entre les membres tout en, surtout, discuter des perspectives économiques du pays et des grands enjeux liés à la vie des entreprises.
La deuxième édition, organisée le 14 mars 2023, fut consacrée à l’industrialisation du Togo. Avec la Banque Africaine de développement (BAD) comme invité d’honneur, elle a réuni décideurs publics, chefs d’entreprise et partenaires techniques, autour des leviers susceptibles d’accélérer la transformation industrielle du pays.
Durant six ans, de nombreuses rencontres, débats, afterworks ont contribué à faire de l’AGET un espace privilégié de dialogue entre les principaux acteurs du monde économique togolais.
Plaidoyers et propositions
Au cours de ces six années, l’AGET a été régulièrement sollicitée par le gouvernement ainsi que par des organisations régionales et internationales afin de contribuer aux réflexions sur les grands enjeux économiques et sociaux.
L’association participe notamment aux travaux du Comité de concertation entre l’État et le secteur privé (CCESP), où elle porte, avec le Conseil National du Patronat, les préoccupations des entreprises.
L’AGET contribue aux réflexions sur le climat des affaires, les politiques fiscales, les lois de finances, le Code des investissements, la politique industrielle ainsi que la convention collective interprofessionnelle.
Les plaidoyers portent également sur plusieurs dossiers structurants : le Code général des impôts, l’Assurance maladie universelle (AMU), le coût et la qualité de l’électricité, la compétitivité des entreprises, la lutte contre les importations frauduleuses, le gasoil industriel, l’agriculture ou encore la fiscalité appliquée aux logiciels importés.
L’organisation fut associée à la revue du Plan national de développement (PND), à la Feuille de route gouvernementale 2021-2025 et aux consultations engagées pour la future feuille de route 2026-2031.
Formation et entrepreneuriat
L’association s’engage en faveur du développement des compétences de la main-d’œuvre qualifiée.
Depuis 2022, sous Jonas Daou et son bureau exécutif, l’AGET a développé en partenariat avec la Coalition Nationale pour l’Emploi des Jeunes (CNEJ), un programme de mentorat et de coaching destiné à accompagner la nouvelle génération d’entrepreneurs togolais, avec la conviction que le développement du secteur privé passe aussi par la préparation de ses futurs dirigeants.
Elle a accompagné, en 2024, l’extension du Centre de formation aux métiers de l’industrie (CFMI) ainsi que la création de l’Association pour la formation aux métiers de l’industrie (AFMI), dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Deux Livres blancs dévoilés sous la présidence de Jonas Daou
Publié tous les quatre ans, le Livre blanc expose la vision des grandes entreprises pour renforcer la compétitivité de l’économie togolaise et stimuler l’investissement privé.
L’édition 2025 fut marqué par cinq innovations dont une démarche importante qui vise à intégrer dans le document une diversité de perspectives, enrichissant ainsi les analyses et recommandations. Longtemps réservé aux dirigeants des entreprises membres, le processus d’élaboration s’est ouvert à la société civile, aux journalistes, aux organisations non gouvernementales (ONG) ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises (PME).
Il formule 181 recommandations destinées à améliorer durablement la compétitivité de l’économie nationale.
Le Livre Blanc 2025 a également introduit, pour la première fois, un chapitre entièrement consacré à l’intelligence économique. Cette contribution proposait plusieurs pistes de réflexion sur les choix stratégiques susceptibles de renforcer la compétitivité du Togo, l’anticipation des mutations économiques et le positionnement du pays face aux grandes transformations régionales et internationales.
Avant cette édition 2025 consacrée aux innovations, aux investissements et aux politiques publiques, l’AGET avait déjà marqué les esprits à travers l’ édition précédente, celle du Livre Blanc 2020 (également présenté sous la présidence de Jonas Daou, qui demeure à ce jour le seul président de l’AGET à avoir porté deux éditions du Livre blanc) qui proposait une réflexion approfondie sur l’entreprise, son rôle économique et social, mais aussi surtout ce qu’elle n’est pas, dans une démarche visant à rapprocher les perceptions du monde de l’entreprise et les réalités vécues par les entrepreneurs.
Organisation patronale, l’AGET rassemble les principales entreprises opérant dans l’industrie, les services, le commerce, les mines ainsi que le bâtiment et les travaux publics.
