Le rapport sur le développement durable en Afrique 2026 (ASDR 2026) a été présenté le 15 juillet, à New York, en marge du Forum politique de haut niveau 2026 qui a rassemblé des dirigeants africains, des partenaires au développement et des experts.
L’ASDR reste la seule publication qui suit systématiquement les progrès de l’Afrique sur l’Agenda 2030 et 2063, précise un communiqué du groupe de la Banque africaine de développement (BAD).
Elaboré conjointement par la Commission de l’Union africaine, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le Groupe de la Banque africaine de développement et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), il fixe les orientations pour une action accélérée en faveur des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Des avancées encore insuffisantes vers les ODD
« Le rapport de 2026 se concentre sur cinq ODD prioritaires faisant l’objet d’une revue (les ODD 6, 7, 9, 11 et 17), soulignant leur rôle central dans la promotion de la transformation structurelle, de la résilience climatique et de la croissance inclusive. Il recense à la fois les progrès accomplis et les lacunes persistantes, et propose des options politiques concrètes pour accélérer la mise en œuvre dans tous les secteurs », précise le Groupe de la BAD.
Bien que les pays africains et leurs partenaires intensifient leurs efforts à l’approche de 2030, les progrès restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés à cette échéance.
« Les contraintes de financement, les chocs climatiques, l’augmentation de la vulnérabilité liée à la dette et les lacunes en matière de capacités institutionnelles continuent de ralentir la mise en œuvre, soulignant la nécessité d’accroître les investissements, de renforcer les systèmes et de mener une action plus coordonnée », indique le Groupe de la BAD.
À ces facteurs de fragilité s’ajoute un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des contraintes budgétaires croissantes et les effets persistants du changement climatique.
Le rapport souligne l’importance de renouveler les partenariats mondiaux, de renforcer l’architecture financière internationale pour la rendre plus réactive et promouvoir un meilleur alignement entre les engagements mondiaux et les réalités nationales.
L’ASDR 2026 n’est pas qu’un simple état des lieux. Le Groupe de la BAD relève qu’il est un outil pratique pour les décideurs politiques, les partenaires au développement, les chercheurs et la société civile.
Ce qu’en disent les institutions
La secrétaire générale adjointe des Nations unies, Amina Mohammed, pointe les difficultés qu’il reste à lever : « Les obstacles qui se dressent entre les plans et les populations sont une mise en œuvre fragmentée, un financement limité et des capacités institutionnelles restreintes… Les facteurs d’accélération de l’Afrique sont africains. Le rapport désigne la coopération régionale comme un puissant facteur d’accélération, et il a raison. »
La vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, l’Ambassadrice Selma Malika Haddadi, a rappelé que « l’Agenda 2063 et l’Agenda 2030 ne sont pas des parcours parallèles » mais qu’« ils constituent une feuille de route commune vers une Afrique prospère, inclusive et durable. »
« La véritable mesure des progrès de l’Afrique, ajoute-t-elle, ne réside pas dans les stratégies que nous adoptons, mais dans les vies que nous transformons. Le Rapport sur le développement durable en Afrique nous rappelle que le temps de la planification est révolu ; cette décennie est celle de la mise en œuvre accélérée. »
Le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, estime qu’à moins de cinq ans de l’échéance fixée pour atteindre les Objectifs de développement durable, l’Afrique se trouve à un moment décisif. « L’ASDR 2026 démontre que des progrès sont possibles, mais uniquement grâce à une action transformatrice et coordonnée. En renforçant ses institutions, en mobilisant des financements et en tirant parti de l’innovation, l’Afrique peut transformer les défis actuels en opportunités pour un avenir plus résilient, inclusif et prospère », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Al Hamndou Dorsouma, chef de la division Changement climatique et Croissance verte à la BAD, a déclaré que « ce rapport souligne l’urgence de renforcer les fondements de la transformation de l’Afrique, l’eau, l’énergie, les infrastructures, les villes durables et les partenariats. Le message est clair : pour accélérer les progrès d’ici 2030, il faut aller au-delà des changements progressifs et s’orienter vers une intensification des investissements et de l’innovation, ainsi qu’une coopération régionale forte, en plaçant la résilience climatique et l’inclusivité au cœur de ces efforts. »
La directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique, Ahunna Eziakonwa, souligne la nécessité de renforcer les investissements : « Le temps ne joue pas en notre faveur, mais les opportunités, oui. Le Rapport sur le développement durable en Afrique est clair : accélérer la réalisation des ODD exige d’investir dans les populations, l’innovation et les richesses naturelles de l’Afrique. Les choix que nous faisons aujourd’hui détermineront la prospérité des générations futures. »
Pour la Banque africaine de développement, l’ASDR ancre une priorité commune, afin de traduire les engagements en résultats concrets et veiller à ce que la voie du développement de l’Afrique reste inclusive, résiliente, climato-intelligente et fermement ancrée dans ses priorités.
L’élargissement de l’accès aux énergies propres, le renforcement des infrastructures et des villes durables, l’approfondissement de l’intégration régionale, et l’amélioration des données et des capacités de mise en œuvre sont les priorités mises en avant dans le rapport.
