Le directeur général de Tech Ben Crypto Exchange invite l’État togolais à accorder une attention particulière aux crypto-actifs. Lors d’une conférence de presse tenue mi-janvier 2026 à Lomé, ce passionné de blockchain a présenté sa vision pour ce secteur au Togo, tout en s’engageant à sensibiliser les Togolais au Bitcoin et à contribuer à positionner le pays comme leader régional dans ce domaine en pleine expansion.
Depuis les scandales financiers de 2020 impliquant des plateformes de trading frauduleuses, le Bitcoin souffre d’une mauvaise réputation au Togo. Sounkika Michel Lare veut changer cette perception. Pour lui, le problème ne vient pas du Bitcoin lui-même, mais d’un manque cruel d’information.
« Les gens confondent tout. Ils ne savent même pas faire la différence entre le Bitcoin et le trading », déplore-t-il. Quand des sites d’arnaque comme PetronP utilisaient le Bitcoin comme moyen de paiement et escroquaient les gens, la population a fini par croire que c’était la crypto-monnaie elle-même qui était frauduleuse.
Il insiste sur cette différence fondamentale : acheter du Bitcoin, c’est acquérir un actif qu’on détient soi-même. Le trading, c’est confier son argent à un tiers sans en garder le contrôle. « C’est là toute la différence », martèle-t-il.
Une plateforme d’échange et de formation
Tech Ben Crypto Exchange propose deux services. D’abord l’échange de valeurs : les clients peuvent acheter du Bitcoin ou d’autres crypto-actifs avec des francs CFA, ou convertir leurs crypto-monnaies en monnaie locale. Ensuite la formation via Tech Ben Academy, destinée à préparer la jeunesse togolaise aux mutations économiques futures.
« Nous ne sollicitons ni n’utilisons les fonds des tiers à des fins de trading. Nous les accompagnons pour qu’ils achètent eux-mêmes leurs actifs », précise le promoteur, se démarquant ainsi des plateformes douteuses.
L’approche de M. Lare se veut progressive. « Un Bitcoin entier vaut plus de 90 000 dollars, mais on peut acheter des fractions. Quelqu’un peut mettre 5 000 francs par mois pour préparer son avenir », a-t-il avancé.
Il ne cache pas son ambition de contribuer à faire du Togo, un pionnier africain de la blockchain. Il appelle les autorités à s’intéresser au secteur et à établir un cadre réglementaire adapté.
Il invite également à la constitution d’une réserve stratégique nationale en Bitcoin. « Les États-Unis ont plus de 300 000 Bitcoins en réserve. La Russie, la Chine, même la République centrafricaine en Afrique. Le Ghana en discute actuellement au Parlement », précise-t-il avant de s’interroger « Pourquoi le Togo ne serait-il pas le premier de la sous-région ? »
Pour lui, l’État togolais doit agir vite. Dans cinq à dix ans, prévient il31, l’économie mondiale aura profondément changé. « Il faut que la nouvelle génération comprenne la crypto-monnaie pour faciliter la gestion du pays par les futures autorités », a-t-il lancé.
