Dialogue Public-Privé : « Pour une administration publique business friendly » :
Le secteur privé avance quatre propositions pour rapprocher l’administration des entrepreneurs
Un atelier sur le Dialogue Public-Privé s’est tenu le 04 décembre 2024 autour du thème : « Pour une administration publique business friendly ». Organisé quelques jours seulement après la réunion du Conseil de Concertation État -Secteur Privé, il a réuni des acteurs de l’administration publique et du secteur privé.
Jonas Daou, porte-parole du secteur privé, a salué la tenue de la rencontre. « C’est un signe fort de notre engagement commun pour favoriser un environnement économique prospère et durable, a-t-il dit, estimant que cette discussion est une occasion inestimable d’affiner notre vision collective pour une administration véritablement business friendly ».
Il a également apprécié, au nom du secteur privé, les réformes ambitieuses engagées par le Togo au cours de ces dernières années, prouvant la détermination du gouvernement à améliorer le climat des affaires.
Le Togo, selon la Banque mondiale, figure parmi les pays ayant connu les plus grandes améliorations en Afrique, grâce notamment à la numérisation de certains services administratifs et à la simplification des procédures pour la création d’entreprises.
Le secteur privé y voit aussi une invitation à continuer à mieux innover pour faire du Togo, un pays attractif et compétitif, comme indiqué dans la feuille de route gouvernementale.
« Je voudrais ensuite formulé quatre propositions et une suggestion pour accélérer et renforcer la qualité et la durabilité de notre écosystème au profit de l’ensemble des parties prenantes : les populations, l’État, le secteur privé et l’ensemble de nos partenaires », a-t-il déclaré.
Les propositions concernent la simplification de la fiscalité incluant la stabilité fiscale ; la nécessité de repenser les procédures de passation de marchés publics ; revoir les stratégies d’investissements dans les infrastructures, et enfin trouver une réponse forte à la problématique des importations frauduleuses.
Le secteur privé propose d’ abord la simplification de la fiscalité. D’ après le secteur privé, la réforme du Code Général des Impôts de 2018 portait déjà cette ambition, franchissant une étape importante dans les réformes notamment avec la séparation des règles d’assiette et de procédures et l’institutionnalisation des organes de recours. Mais le secteur privé souhaite toujours la poursuite des réformes de simplification et de modernisation qui pourrait améliorer les recettes de l’état en permettant un cadre plus « business friendly ». Par exemple, selon le représentant du secteur privé, le système déclaratif actuel impose des exigences qui, trop souvent, se transforment en véritables pièges pour les entrepreneurs, en particulier pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME). Les PME manquent souvent des ressources et des connaissances nécessaires pour naviguer dans la complexité du système fiscal. Il n’est donc pas possible d’exiger du secteur privé, un niveau de compréhension fiscale équivalent à celui des inspecteurs, qui sont formés pour contrôler et sanctionner. « Il est donc urgent de réviser en détail l’arsenal répressif en place, afin d’accompagner les entrepreneurs plutôt que de les punir en cas d’erreurs », souhaite le secteur privé.
La simplification doit s’accompagner d’une stabilité fiscale, car une fiscalité simplifiée et stable est essentielle pour encourager la confiance des investisseurs, tant nationaux qu’internationaux, poursuit le représentant du secteur privé qui précise qu’en réduisant les incertitudes fiscales, les gouvernants offre au secteur privé une base solide pour planifier ses investissements et contribuer au dynamisme économique du pays.
Aussi le secteur privé togolais souhaite-t-il que les marchés publics puissent être repensés pour accorder une attention accrue aux entreprises locales. Le contenu local doit alors mieux être intégré dans les appels d’offres, pour favoriser non seulement l’économie togolaise, mais aussi pour s’assurer que les ressources locales soient mises à profit pour le développement du pays.
Le secteur privé appelle de tous ses vœux un soutien à l’Innovation et à l’Entreprenariat : « nous recommandons l’instauration de mesures incitatives pour les jeunes entreprises innovantes. Cela encouragerait les nouvelles idées et renforcerait l’engagement des entrepreneurs dans divers secteurs clés, notamment la technologie et l’agriculture ».
Une autre proposition, la troisième, est un appel à prioriser l’investissement dans les infrastructures, qu’elles soient routières, énergétiques, ou numériques. « Un bon accès aux infrastructures est crucial pour réduire les coûts opérationnels et améliorer la compétitivité des entreprises togolaises », rappelle le représentant du secteur privé.
Enfin, il évoque la récente étude sur les importations frauduleuses et la concurrence déloyale : « Ce rapport a révélé l’impact négatif de certaines décisions administratives sur notre économie. Il est donc urgent de renforcer et d’opérationnaliser le rôle de la Haute Autorité pour la Qualité et les Normes, afin de garantir la conformité de nos produits aux attentes du marché tout en protégeant nos entreprises locales des pratiques déloyales. Mais aussi, accroître l’efficience de la Haute Autorité contre la corruption pour éviter ce que l’USAID apprécié à travers Observatoire des Pratiques Anormales. »
Comme suggestion en ajout aux quatre propositions, le secteur privé propose qu’on définisse des politiques claires et d’organiser des Grenelles (grand forum réunissant pouvoir politique, entrepreneurs et représentants de la société civile) pour les secteurs clés et stratégiques tels que l’agriculture, l’industrie, les économies maritimes, le numérique et l’IA appelé à jouer un grand rôle dans le futur proche et, la formation supérieure. « Ces secteurs font partie des axes stratégiques de la feuille de route et il est primordial de bâtir la qualité de notre Dialogue PP autour de ces points. Il est essentiel d’assurer un recyclage permanent des cadres supérieurs de l’administration sur ces enjeux, en coordination avec les acteurs du secteur privé, pour que notre administration soit réactive et proactive », estime le représentant du secteur privé. Il conclut : « En intégrant ces réflexions dans notre dialogue, nous ne répondrons pas seulement aux défis actuels, mais nous bâtirons aussi un avenir prospère pour notre économie. »
Le Secrétaire Exécutif du cadre de concertation de cet atelier sur le Dialogue Public-Privé, dans son intervention, rappelle: « l’administration publique est généralement présentée comme l’infrastructure mère de toutes les autres infrastructures. À ce titre, les réformes structurelles et sectorielles ainsi que les transformations positives enregistrées ces dernières années par notre pays, ont été portées par l’administration publique nationale sous le leadership de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République. Pour faire du Togo, la place où il fait bon investir, les plus hautes autorités du pays veulent mieux faire et aller plus loin. Elles veulent une administration encore plus moderne, professionnelle, exemplaire (qui attire et développe les talents) et ayant un sens de l’éthique et de la déontologie ».
