Dans la capitale togolaise, l’imposant immeuble de la Chambre consulaire régionale de l’UEMOA a accueilli, ce 28 mai 2026, le forum « Entreprises-Jeunes diplômés » du programme « Talents Africains à l’International » (TAI).
Lancé officiellement en juin 2021 à Ouagadougou, au Burkina Faso, le programme TAI, initiative de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), permet à de jeunes diplômés issus de l’UEMOA de faire une expérience professionnelle encadrée durant 12 à 24 mois dans une entreprise d’un autre État membre.
« À travers le programme TAI, notre ambition est de créer une véritable passerelle entre les compétences des jeunes diplômés togolais et les besoins de développement des entreprises de la sous-région », a indiqué, à l’ouverture des travaux, Dr Omar Agbangba, Directeur général de l’Agence Nationale du Volontariat au Togo (ANVT), structure qui assure la mise en œuvre du programme au Togo.
Le directeur s’est dit convaincu que le programme TAI contribuera à renforcer la mobilité professionnelle des jeunes et à soutenir l’internationalisation des entreprises togolaises dans l’espace communautaire de l’UEMOA.
Il a également souligné que ce dispositif représente « une opportunité stratégique pour les petites et moyennes entreprises togolaises qui souhaitent renforcer leur présence sur les marchés de l’espace UEMOA, tout en offrant à la jeunesse des perspectives d’expériences professionnelles internationales, de renforcement des compétences et d’employabilité ».
Un forum au service de la mise en relation entreprises-jeunes diplômés
Le forum, organisé par l’Agence nationale du volontariat au Togo (ANVT), à travers son Unité Nationale de Gestion du programme TAI, sous l’égide du Réseau des Organisations de Promotion du Commerce de l’UEMOA (ROPC) et de l’UEMOA, a réuni, à Lomé, institutions publiques, partenaires techniques et financiers, chefs d’entreprises et jeunes diplômés.
« Nous avons voulu mettre face à face des entreprises togolaises qui cherchent à évoluer dans l’espace régional et des jeunes diplômés qui ont des compétences et de l’ambition nécessaires pour les accompagner », a expliqué, lors de son discours d’ouverture, Ibrahim Tankari, représentant du Représentant résident de l’UEMOA au Togo.
Dr Omar Agbangba a également précisé les objectifs de ces rencontres : mieux faire connaître le programme TAI auprès des entreprises togolaises, encourager l’accueil par ces entreprises et le déploiement de jeunes talents dans des missions professionnelles au sein de l’espace UEMOA, et favoriser la rencontre entre compétences disponibles et besoins réels des entreprises.
Un dispositif régional adossé à la Commission de l’UEMOA

Initié par le Réseau des organisations de promotion du commerce (ROPC) de l’UEMOA, dont le Secrétaire technique permanent, Robert Akindé, a pris part au forum, le programme TAI est né d’une décision du Conseil des ministres de l’Union en date du 25 octobre 2019. Le programme s’inspire de l’expérience française du Volontariat international en entreprise (VIE), qu’il a adapté aux réalités de l’espace UEMOA, à ses entreprises et à sa jeunesse.
Il bénéficie également du soutien technique et financier de la coopération française, notamment à travers le partage d’expérience de Business France sur le modèle français du VIE.
Stéphane Lecoq, Directeur des projets partenariats stratégiques et coopération internationale à Business France, présent à Lomé pour l’occasion, s’est réjoui de la tenue de ce forum, qu’il considère comme une opportunité de relance du dispositif TAI au Togo.
Il a encouragé lors de cette rencontre le matchmaking, c’est-à-dire la mise en relation directe entre les entreprises exportatrices et de jeunes diplômés qualifiés.
Selon M. Lecoq, c’est tout l’enjeu du VIE, et c’est tout l’enjeu du TAI : contribuer à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes tout en apportant une réelle valeur ajoutée aux entreprises, en les aidant dans leur développement commercial par rapport aux pays voisins.
Les travaux du forum ont également été marqués par une conférence inaugurale d’orientation consacrée au thème : « Le TAI, un dispositif de l’UEMOA au service de l’internationalisation des entreprises et de l’employabilité des jeunes », suivie d’un panel modéré par Almamy Mbengue, expert financier.
Le Togo veut redynamiser son dispositif TAI
Le Togo a rejoint le programme en 2024 avec la mise en place de l’Unité nationale de gestion du programme TAI au sein de l’ANVT. « Ce choix traduit la confiance accordée à notre institution pour son expertise en matière de gestion des programmes de volontariat, de mobilité et d’accompagnement des jeunes vers l’emploi », a affirmé Omar Agbangba.
Le démarrage effectif des activités a été marqué par la signature, en février 2025, d’une convention entre l’ANVT, le Centre Africain d’études supérieures en gestion (CESAG) et le ROPC.
Selon Ibrahim Tankari, l’Unité Nationale de Gestion de ce programme logée à l’ANVT a déjà réalisé ses premières missions avec des entreprises partenaires. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a également apporté un premier soutien financier pour lancer les activités. « Les structures sont en place, ce forum marque l’étape de la mobilisation du tissu entrepreneurial togolais », a-t-il souligné.
Des résultats encourageants et des perspectives

Les expériences accumulées durant les premières années du programme, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Burkina Faso, confirment la pertinence du modèle. En mars 2026, le dispositif affichait 2 346 jeunes diplômés inscrits sur la plateforme, 1 376 entreprises agréées et 110 missions déployées, dont 37 femmes, dans cinq pays actifs.
« En perspective, les travaux en cours à la Commission permettront d’aboutir à une phase structurante du dispositif TAI, notamment l’adoption d’un règlement communautaire fixant le régime juridique du volontariat en entreprise dans l’espace UEMOA », a indiqué M. Tankari.
Ce cadre juridique devrait permettre de transformer le TAI en programme permanent de l’Union, au-delà du statut actuel de projet.
La Commission de l’UEMOA a, pour sa part, remercié les autorités togolaises pour leur engagement dans la mise en œuvre du dispositif. Le Directeur général de l’ANVT a salué l’implication constante de la Commission, du CESAG en tant qu’unité régionale de gestion, du ROPC ainsi que de l’ensemble des partenaires techniques et financiers du programme.




